J 85 - Mardi 30 août - TENGEN/Frontière Kazakhstan/BEYNEU -

Bye, Bye l'Ouzbékistan.

Mais d'abord il faut franchir les frontières. Arrivés à 8 h nous franchirons la dernière grille à 12h30. Cela c'est plutôt bien passé. Bonjour le Kazakhstan où Serge, notre guide francophone nous accueille.

Le plus dur commençait. Il nous faudra 4 heures pour faire 80 Kilomètres pour atteindre Beyneu. Ce n'est pas une piste, ce n'est pas non plus une route à proprement parler bien que sur les dix derniers kilomètres il faudra éviter en plus les tiges de fer du béton qui dépassent de la route.

 

Beyneu est une petite ville dans un univers désertique et ce soir c'est la fête au village avec concert pour l'anniversaire de la constitution. 

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Commentaires: 1
  • #1

    VESSILLIER (jeudi, 01 septembre 2016 01:10)

    Je vous enverrai l'ébauche du tableau par Lyssenko au musée à Saint Petersburg et un tableau traitant du même sujet retrouvé en Crète 3500 ans plus tôt. Mais je comprends que sans appareil de téléphone ni d'appareil photo, ce n'était pas facile de faire une photo. A mon avis, c'est ce qui m'est arrivé il y a 2 ans et c'est pour cela que je n'avais pas gardé trace
    Le taureau bleu de NUKUS
    Igor Savitsky (historien, peintre, ethnographe) a ouvert en 1966 un musée avec tous les tableaux qu’il avait réuni et ceux à venir qui n’étaient pas conforme au réalisme socialiste. Le seul genre artistique admis en URSS était celui qui informait et éduquait le peuple dans le sens politique officiel, sans amener la moindre possibilité d’interprétation donc de réflexion. Savitsky a donc récupéré sans se poser la moindre question de valeur artistique ou financière des milliers d’œuvres, comme celle-ci qui est une des pièces les plus connues du musée : le taureau de Lysenko (un artiste peu connu, interné, dont on a perdu la trace dans un goulag quelconque). t une
    des pièces les plus connues du musée : le taureau un
    e). Evgeniy Lyssenko

    Le taureau. 1948. Gouache sur toile bleue (101 x 76 cm), signé et daté en haut à gauche; chassis moderne. Reproduit dans Evgeniy Lysenko, Saint Petersbourg, 2012, page 116-117. Premier jet pour le tableau maintenant conservé au Nukus museum.

    Je n'ose imaginer le tumulte causé par la révolution russe, l'expansion soviétique et les guerres civiles au cœur de l'Asie Centrale à la fin des années 1910. Les changements brutaux ne constituaient pas franchement des nouveautés dans cette région : quelques décennies plus tôt, les royaumes (khanats) locaux dirigés pour certains par de grands mamamouchis enturbannés de soie, arborant des barbes aussi formidables que leurs bedaines et se distinguant par une cruauté toute antique, avaient été intégrés au Turkestan russe par les soldats du Tsar.
    Vladimir Lysenko est un illustre inconnu qui a peint ce taureau quelque part vers Tachkent autour de 1920. On ne sait pas grand-chose de lui : il fut comme tous les peintres de l'époque, arrêté dans les années 1930 par la démence stalinienne au prétexte de la non-conformité de son art avec les principes communistes et finit par être réhabilité en 1953. Je crois qu'il fut ensuite interné dans les années 1950 et disparut sans que la date de sa mort ne soit connue. Tachkent avait dans les années 1920 des ambitions de ville "à l'européenne" et s'y côtoyaient la rusticité de l'Asie Centrale avec le développement d'une ville moderne, puis les larges avenues soviétiques à l'ombre des minarets et des coupoles des médersas. Les milieux artistiques avaient, semble-t-il, eu vent des nouvelles tendances picturales européennes.

    Ce taureau est conservé au musée Savitsky de Nukus à 2 heures de route de Moynak, ancien port de la mer d'Aral, où l'on peut contempler (déplorer...) des carcasses de bateaux de pêche en train de rouiller dans le désert. La république autonome du Karakalpakstan qui abrite ces quelques lieux infiniment perdus fait partie de l'Ouzbékistan et c'est l'un des endroits les plus déprimants et tristes que j'ai visités au cours de ma vie. La disparition de la mer a rendu le climat encore plus continental, le vent charrie le sel et véhicule l'aridité, les usines partent en friches et les habitants au Kazakhstan, les maladies font des ravages et le spectacle de la ville de Nukus illustre parfaitement ces maux. Mais dans son musée miraculeux, des dizaines de toiles de l'avant-garde soviétique paressent devant de rares visiteurs.

    Il me plaît d'imaginer à la vue de ce tableau la même inspiration taurine que sur les fresques du palais de Cnossos en Crète 3 500 ans plus tôt, la souple attitude d'un camarguais, le souffle du bicho face au premier burladero, la nuit face au soleil, le délice d'un détail de mauvais goût sur une toile de Klimt et toute la formidable énergie du désespoir.